• Romain Arnaud

Le brainstorming, parfait pour les passagers clandestins ?

Mis à jour : avr. 8




Quelle entreprise aujourd'hui n'a pas fait appel à ce rituel pour mobiliser l'intelligence collective de ses équipes ? Il peut prendre plusieurs formes, sous différentes méthodologies, mais l'objectif reste le même : faire émerger de nombreuses idées sur un thème précis ou une réflexion donnée. Le brainstorming, ou "remue-méninges" (si on insiste sur une traduction française...), c'est donc un moment privilégié où les acteurs d'un projet vont pouvoir échanger librement leurs idées et suggestions, dans une salle de réunion ou via une interface digitale, plus recommandé en moment ;).


Alors pourquoi a-t-il ses détracteurs ?


Dans une interview donné à "Welcome to the Jungle", Olivier Sibony, professeur de stratégie à HEC Paris et auteur de "Vous allez redécouvrir le management" (Ed Flammarion, 2020), affirme que cette méthode serait... inefficace ! Inefficace car elle encouragerait certains participants à se transformer en "passager clandestins".


De quoi parle-t-on ?

Un passager clandestin, c'est une personne qui dépense plus d'énergie à éviter l'exercice du brainstorming plutôt que d'y prendre part. Qui profite du voyage à moindre frais en somme. Sa technique ? Se camoufler derrière le flot d'idées proposées par ses collègues.


On ne va pas se mentir, des passager clandestins, on en a déjà vu plein pendant nos ateliers... des réponses comme "J'ai pas d'idée qui me vient là..." ou "on m'a coupé l'herbe sous le pied, c'est justement l'idée que j'allais donner" ou encore "désolé mais je ne comprends pas assez le sujet pour exprimer une idée..." représentent leurs parades parmi les plus notables.


Le brainstorming est-il inefficace pour autant ?


Toujours selon Olivier Sibony, afin qu'un atelier brainstorming ne se révèle pas complètement inutile, il est judicieux de demander à chaque participant de venir avec une série d'idées en amont de la séance.


Oui, mais pas suffisant. Au-delà des potentielles levées de boucliers que va générer l'effet "faire ses devoirs en amont de l'atelier" (on parie que vos collaborateurs ont déjà beaucoup de leur temps occupé !), il est essentiel de rappeler que l'essence même du brainstorming, c'est de se donner un temps dédié, ensemble. Un temps pris dans celui des collaborateurs, afin de leur sortir la tête de leur tâches quotidiennes. Un temps à partir duquel tous les participants partent de zéro afin de préserver l'authenticité même des idées, et la vivacité des échanges.


Alors comment faire ?


La véritable clé de succès d'un bon atelier brainstorming : un(e) facilitateur(trice) qui libère toutes les paroles !


Chacun de nos Qiximakers y est confronté au cours de sa mission, se positionner comme facilitateur d'atelier. Dans le cadre d'un brainstorming, le facilitateur sera le garant de 3 éléments de succès de l'atelier :

  1. CADRE BIENVEILLANT Nous l'avons évoqué dès le début, le brainstorming ne fonctionne que sur une parole libre. Le facilitateur doit rappeler dès le début de séance que le brainstorming sert surtout à générer des idées, pas à les challenger (du moins pas encore à ce stade). Une mauvaise idée ou pas assez développée sur le papier peut en générer 10 bonnes autres chez les voisins ! Mais cela suppose encore la deuxième condition.

  2. ECOUTE COLLECTIVE Le facilitateur veille à ce que chacun des participants puisse donner au moins une idée, et surtout veiller à ce que les autres l'écoutent ! Selon le format de l'atelier (en collectif ou en petits groupes), il est essentiel de se rapprocher de tous les participants et s'assurer que chacun puisse s'exprimer. Quitte à faire taire (gentiment) les plus bavards d'entre eux afin que chaque proposition soit entendue.

  3. APPROCHE EMPIRIQUE Sur le fond, faites confiance au vécu de vos participants. Autrement dit, pas de place à la théorie... L'utilité de réunir des acteurs d'un projets sur une réflexion donnée, c'est bien de se nourrir de leurs expériences et observations sur le sujet. Que leurs retours soient élaborés ou pas (règle #1, cadre bienveillant !), tant qu'ils émanent d'une réelle volonté de partager un fait réel (et pas les dernières idées à la mode sur Linkedin), alors le brainstorming n'en sortira que vainqueur.


Plutôt que de donner des devoir à vos collaborateurs en amont de l'atelier, il existe des techniques pour donner la parole à tous et s'assurer que chacun ait le droit/devoir de participer à l'exercice. Le brainstorming nécessite des méthodes et pratiques d'accompagnement pour être efficace.

Et si vous avez toujours un passager clandestin...dites-vous qu'a minima, il a entendu l'avis des autres...et c'est déjà pas si mal !!


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