Réhabilitons le sondage en entreprise !


Le sondage est partout. Juste après votre commande en livraison, en sortant des toilettes de l’aéroport et même sur les sites d’e-commerce, pour tester les gammes de produits à venir. Banalisé au quotidien, le sondage est également utilisé en entreprise, avec notamment les baromètres employés et les enquêtes de satisfaction qui, dans le contexte actuel, deviennent les moyens privilégiés de prendre le pouls du climat social. Pourtant, cette pratique est trop souvent perçue - par les employés comme par le management - comme un simulacre de démocratie, une solution facile pour donner l’illusion d’intégrer les collaborateurs aux décisions de l’entreprise, mais dont les réponses ne sont pas réellement analysées ni suivies d’effet. Et si on considérait à nouveau le sondage comme ce qu’il est vraiment : l’un des plus puissants outils de l’intelligence collective ?



Un peu d’histoire...


Saviez-vous qu’Aristote était un adepte du sondage ? Ou plutôt, c’est le philosophe grec qui a théorisé le premier que du collectif émerge toujours plus que la somme des individus qui le composent : « La majorité, dont chaque membre pris à part n’est pas un homme remarquable, est cependant au-dessus des hommes supérieurs » [1]. Autrement dit, conjuguer les avis de plusieurs vaudra toujours mieux que d’écouter uniquement l’avis d’un seul, fût-il expert dans son domaine.


Par la suite, cette idée a été reprise et affinée par des sociologues, anthropologues, analystes politiques et statisticiens comme par exemple Francis Galton - qui en a mesuré la réalité - et popularisée par James Surowiecki, sous le terme de “Sagesse des foules” [2] : celui-ci explique que les conditions de réussite pour faire émerger un collectif plus intelligent que les individus sont : 1. La diversité de la population interrogée, 2. l’indépendance des sondés, qui ne doivent subir aucune influence et 3. la décentralisation, soit le fait d’additionner les retours libres plutôt que d’orienter les réponses vers une présélection faite par le management.


Internet multiplie chaque jour les exemples et les opportunités qui démontrent la puissance du groupe, qu’il s’agissent de distribuer des travaux à un grand nombre de personnes (comme sur Wikipédia qui reste le projet le plus collaboratif jamais entrepris par l’humanité avec ses 10 millions de contributions par mois), et même l’innovation devient plus ouverte et collaborative : nous évaluons et finançons des concepts à large échelle sur des plateformes de Crowdfunding comme Kickstarter, et nous trouvons même des solutions à des problématiques complexes, y compris dans des domaines techniques, au moyen de plateforme de Crowdsourcing comme “Innocentive”, en nous alimentant des intelligences du plus grand nombre.


En parallèle, la donnée et la Data Science semblent s’affirmer comme l'”Autorité” du 21ème siècle : Customer Intelligence, Business Intelligence, Finance Intelligence, et la fameuse Artificial Intelligence qui s’invite dans nos salons et est parfois sollicitée dans des conseils d’administration pour appuyer des décisions stratégiques. Et si nous ajoutions à toutes ces visions un peu plus de “Employee Intelligence”, pour nous assurer qu’eux aussi aient voix au chapitre, surtout en matière de transformation d’entreprise ?


Les avantages du sondage en Change Management


Appliqué à l’entreprise, le sondage permet donc une prise de décision plus juste et dans l'intérêt de l’ensemble des collaborateurs et de l'entreprise. Ses champs d’application sont multiples, depuis les boîtes à idées et autres challenges innovation, jusqu’à l’évaluation d’idées et de l’Expérience Employé. Aujourd’hui, les outils digitaux de feedback fleurissent sur le marché et proposent des solutions ludiques et simples d’implémentation afin de collecter et surtout d’analyser de gros volumes de données (#Dataviz) de la façon la plus pertinente pour améliorer l’expérience collaborateur.


Ainsi libéré de la contrainte des ressources nécessaires à l’analyse de la donnée, le sondage offre de nombreux avantages, qu’il s’agisse de changement de stratégie, de digitalisation, d'organisation ou d’évolution de la culture et du management, en permettant :


  • La mesure et la compréhension de la perception du changement, plutôt que des évaluations moyennes des impacts de ce dernier. Le sondage permet de matérialiser l’intangible positionnement de chaque population dans le processus de transformation, et de s’appuyer sur des données plutôt que sur un ressenti vague, surtout dans des environnements complexes et/ou internationaux. Rappelons que dans la mesure où ce n’est pas l’organisation qui change, mais bien ses femmes et ses hommes, l’un après l’autre, cette mesure constitue donc la seule mesure réelle du changement.


  • Un accompagnement au changement beaucoup plus efficace, car il aura été construit au plus près des besoins des collaborateurs, et pas de l’idée que s’en font les experts ou les sponsors. Il s'agit ici de faire évaluer par le terrain l’expérience du ch